Exploration

Le satellite Fermi fête ses 10 ans de découvertes

juin 17, 2018

Le télescope spatial Fermi fête ses 10 années d’activité le 11 juin 2018. Ce satellite conçu par la NASA célèbre une décennie d’utilisation des rayons gamma, la lumière la plus énergétique du cosmos. Grâce à cette technologie Fermi étudie les trous noirs, les étoiles à neutrons et les autres objets cosmiques remarquables.

Le télescope spatial Fermi fait partie d’un programme d’astrophysique et de physique des particules géré par le Goddard Space Flight Center. Fermi a été développé par le Département américain de l’Énergie, en collaboration avec institutions académiques et des partenaires en France, en Allemagne, en Italie, au Japon, en Suède et aux États-Unis.

« Les dix premières années de Fermi ont amené de nombreuses découvertes scientifiques qui ont révolutionné notre compréhension de l’univers des rayons gamma » déclare Paul Hertz, Directeur de la Division d’astrophysique de la NASA.

En balayant le ciel toutes les trois heures, le Large Area Telescope (LAT) de Fermi, a observé plus de 5 000 sources de rayons gamma. Il a notamment mis en évidence une explosion nommée GRB 130427A, la plus puissante découverte par les scientifiques.

10 ans de succès pour le satellite Fermi

Le satellite de la Nasa porte le nom d’Enrico Fermi, pionnier italo-américain des énergies nucléaires et lauréat du prix Nobel de physique. Ce dernier suggéra en 1949 que les rayons cosmiques, particules voyageant à la vitesse de la lumière, pouvaient être propulsés par des ondes de choc supernova. En 2013, le LAT de Fermi a utilisé des rayons gamma pour prouver que ces restes stellaires constituent une source de particules rapides.

La carte du ciel de Fermi, produite par le LAT, a révélé deux structures massives qui s’étendent au-dessus et au-dessous de la Voie Lactée. Ces deux « bulles » s’étendent sur 50 000 années-lumière et ont probablement été produites par le trou noir supermassif situé au centre de la galaxie il y a seulement quelques millions d’années.

« L’astronomie des rayons gamma est la science des extrêmes. Gravité extrême, champs magnétiques extrêmes, Fermi a ouvert une nouvelle fenêtre la physique des structures les plus intéressantes de l’univers » explique Julie McEnery, scientifique du projet Fermi au Goddard Space Flight Center.

L’instrument secondaire du satellite Fermi, le Gamma-ray Burst Monitor (GBM), permet d’observer le ciel entier à tout instant, sauf la partie bloquée par la Terre. Le satellite a observé plus de 2 300 sursauts gamma, les événements les plus lumineux de l’univers.

Le 17 août 2017, Fermi a détecté une puissante explosion de rayons gamma provenant de la constellation de l’Hydre. À peu près au même moment, l’Observatoire des ondes gravitationnelles de l’Interféromètre laser de la National Science Foundation a détecté des ondulations dans l’espace-temps à partir du même événement (fusion de deux étoiles à neutrons). C’était la première fois que la lumière et les ondes gravitationnelles étaient détectées à partir de la même source.

Le GBM a également repéré plus de 5 000 flashs de rayons gamma dans l’atmosphère terrestre associés aux orages, ainsi que les particules d’antimatière peuvent produire ces éclairs.

« Fermi a fondamentalement amélioré notre compréhension du fonctionnement de l’univers. Ce vaisseau spatial a fourni des preuves de théories longtemps étudiées et a également forcé la communauté scientifique à réévaluer certaines de ses hypothèses » commente David Thompson, scientifique adjoint du projet Fermi chez Goddard.

Mais l’espace peut être un environnement de travail difficile. Le 3 avril 2012, Fermi a esquivé une collision potentielle avec Cosmos 1805, un ancien satellite d’espionnage soviétique de la guerre froide. Fermi a connu sa première défaillance matérielle le 16 mars 2018, lorsqu’un de ses panneaux solaires s’est coincé.

Pour plus d’informations sur Fermi, visitez: https://www.nasa.gov/fermi